Quels candidats pour quelle victoire ?

BLOG TOGOFACE

Femmes

Syndication

Syndiquer le contenu

Vos informations sur Togosite

TOGO: Etroitement surveillé, Pascal Akoussoulèlou Bodjona dans le collimateur de l’ANR

Dossier / L’ascension du ministre « grand format » inquiète
L’actuel ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, Pascal Akoussoulèlou Bodjona, est l’un des incontournables du régime de Faure Gnassingbé. En dehors de l’économie qui reste la chasse gardée du natif de Défalé, Adji Otèth Ayassor, le ministre « grand format » intervient dans les autres domaines de la vie politico-socio-culturelle du pays. Une présence de trop au-devant de la scène qui inquiète le « prince » qui aurait demandé qu’il soit étroitement surveillé. Ainsi, il est dans le collimateur de l’Agence nationale de renseignements (ANR) qui sait bien jouer ce rôle.

Ambassadeur avec Eyadema

Au départ, le nom Pascal Bodjona ne signifiait pas grand-chose dans le landerneau politique togolais. Il était plus connu pour ses tribulations à l’Université du Bénin (actuelle université de Lomé) qui l’ont obligé à arrêter ses études après le DEUG (Diplôme d’études universitaires générales) II option droit des affaires à l’Ecole Supérieure d’Administration et des Carrières Juridiques (ESACJ), actuelle faculté de droit, comme l’affiche son CV sur le site Wikipedia (encyclopédie en ligne). Mais il savait qu’il pouvait être utile ailleurs après avoir raté sa vocation d’être avocat, magistrat ou encore enseignant de droit public… Le contexte national s’y prêtait. Le pouvoir d’Eyadema étant en train de tomber, il fit partie de ceux qui ont décidé de sauver la barque RPT. Il cofonda avec d’autres activistes le tristement célèbre Haut Conseil des Associations et Mouvements Estudiantins (HaCAME) bien qu’il soit, lui-même, déjà radié de l’Université. Cette milice à la solde du RPT a semé la terreur à Lomé pendant les tumultes politiques des années 90. Il paraît qu’elle a joué un rôle non moins important dans la tragédie de Fréau Jardin en janvier 2010.

Après le « sale boulot », la récompense. En 1994, il commença sa carrière professionnelle au ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération comme Chargé de mission auprès du ministre. C’est de là qu’il sera affecté en 1995 à l’Ambassade du Togo à Washington où il occupait le poste de Chargé commercial avant d’être promu trois années plus tard, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République du Togo auprès des Etats-Unis d’Amérique et de la République Fédérative du Brésil, fonction qu’il exercera jusqu’en 2005.

C’est au cours de son séjour américain que les relations entre lui et Faure Gnassingbé, à l’époque étudiant, se sont renforcées. Comme on le dit, les deux faisaient des affaires ensemble. C’est possible que le jeune ambassadeur et l’enfant du général aient fait leur plan d’avenir dans le pays de l’Oncle Sam. « Quand papa mourra, je prendrais le pouvoir et je ferais de toi le numéro 2 du régime », lui aurait promis le futur Président. Et comme rien ne se fait au hasard, Pascal Bodjona a commencé à polir son CV digne d’un grand quelqu’un. « Après son DEUG II option droit des affaires, il poursuit ses études respectivement à l’Université Haward et à Columbus University couronnées par le Bachelor of science, option Public Administration. Il est également titulaire d’un certificat d’études de l’Institut d’Etudes Politiques de Washington D.C. M. Pascal BODJONA est diplômé de l’Ecole John Kennedy School of Gouvernment de la prestigieuse Université de Haward de l’Etat de Massachusetts aux Etats-Unis d’Amérique », lit-on dans son CV. Joli, n’est-ce pas ? C’est sûrement ce qui a amené l’autre à dire aussi qu’il est « diplômé de la Fondation Konrad Adenauer ».

Revenu au pays pour la célébration du 13 janvier 2005, l’ambassadeur du Togo aux Etats-Unis n’est plus reparti jusqu’au 5 février 2005 où Gnassingbé Eyadema a traversé l’autre rive pour rejoindre les ancêtres. Lui et Faure Gnassingbé peuvent enfin réaliser leur rêve.

Idylle avec Faure Gnassingbé

Sachant que l’heure était à la redistribution des cartes, Pascal Bodjona était bien présent au cœur du système pour saisir sa chance. Après le putsch constitutionnel maladroitement réparé avec la complicité de la Françafrique , Faure Gnassingbé a été désigné candidat du RPT à l’élection présidentielle du 24 avril 2005. Il fit de Bodjona son porte-parole, qui avait déclaré à l’époque sur RFI que « l’auto-proclamation d’Akitani-Bob – candidat de la Coalition (ndlr) - est un acte de rébellion ».

A la suite de la mascarade, le premier acte pris par Faure Gnassingbé présenté comme l’« l’homme nouveau », fut de nommer son ami ambassadeur au très stratégique poste de Directeur du cabinet du président de la République. C ’est là où il s’est construit, financièrement parlant. Point n’est besoin de revenir sur comment il s’y prenait. En plus, il a su entretenir de bons rapports avec la puissantissime Directrice générale des Impôts et Conseillère financière du président.

Le « chef » étant occupé à faire autre chose, et comme la nature a horreur du vide, le natif de Kouméa s’est mis à tisser sa toile même si les retombées rejaillissent directement sur Faure. On le retrouve dans les affaires des fédérations, tout comme dans les affaires religieuses avec la commission Hadj chargée de préparer le pèlerinage des Togolais à La Mecque. Fin manipulateur, il arrive aussi à faire tourner la tête à des opposants comme Agboyibo, et tout dernièrement Gilchrist Olympio. Les journalistes ne sont pas du reste.

Mais cette ascension à la présidence a commencé à inquiéter les autres qui l’ont fait partir au ministère de l’Administration territoriale à la faveur de la formation du gouvernement de Komlan Mally. Certaines mauvaises langues disent qu’il n’était même pas consulté et qu’il aurait découvert le fait accompli lors de son départ à la TVT pour présenter le décret.

Ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, porte-parole du gouvernement, Pascal Bodjona reste toujours fort même si les faveurs financières sont limitées. Ce poste est plutôt une aubaine pour lui de se mettre en exergue et de montrer au fils du père son savoir-faire. As dans les coups bas politiques, il a réussi à torpiller l’Accord politique global (APG) et à s’opposer aux réformes constitutionnelles et institutionnelles devant précéder la présidentielle de mars de 2010. La CENI chargée d’organiser ledit scrutin était sous ses ordres. Bref, il a fait feu de tout bois pour que Faure Gnassingbé soit « réélu » avec des résultats d’ordinateur redistribués aux présidents de CELI. Fier de soi, il a même déclaré un jour devant des journalistes que l’ancien étudiant de Paris Dauphine restera longtemps président du Togo si lui, il est toujours ministre de l’Administration territoriale. Est-ce dans cette optique qu’il a fait sortir ce projet de loi liberticide sur les manifestations publiques ?

Vers le crépuscule ?

En 2005, Kpatcha Gnassingbé faisait partie de ceux qui ont œuvré pour que le pouvoir soit conservé dans le giron familial. On se souvient qu’il était aux côtés de son demi-frère quand le quarteron d’officiers lui ont fait allégeance. Mais l’ancien ministre de la Défense et député à l’Assemblée nationale a été la principale victime de la purge de Faure Gnassingbé. Pascal Bodjona va-t-il connaître le même sort que l’actuel prisonnier politique le plus célèbre ? L’avenir nous le dira.

En fait, cette ascension fulgurante du membre fondateur du HaCAME inquiète son ami Faure Gnassingbé. Selon les informations en notre possession, l’idylle entre les deux hommes serait en train de prendre un coup. On n’exclut pas dans l’entourage du « chef » que le ministre de l’Administration territoriale soit en train de rouler pour lui-même. « Vu sa ruse et ses ambitions, il pourrait rebondir et prendre le devant à la moindre faille », soutient-on. Ainsi, il a été demandé que le ministre « grand format » soit étroitement surveillé.

Comme on le voit, le « fils de la nation » veut se débarrasser de son ami mais ne sait pas comment s’y prendre. Craignant le tollé que cela pourrait susciter, il n’entend pas le faire directement. De fait, on est en train d’étudier toutes les pistes possibles. De sources concordantes, l’ANR qui dépend directement de la présidence de la République avait exercé des pressions sur un homme récemment interpellé –suivez nos regards- afin qu’il puisse noyer le ministre avec qui il entretient des rapports amicaux. Sentant leurs initiatives vaines, ils ont tenté un autre jour de piéger le détenu en arguant que le ministre « grand format » aurait été arrêté et qu’il aurait avoué les faits allégués. Une façon de constituer un délit pouvant justifier la mise à l’écart ou l’embastillement de quelqu’un qui se croit être au centre du monde et qui fait tant parler de lui.

Les loups sont donc en train de se manger entre eux. Comme quoi avec Faure Gnassingbé, tout peut arriver.

R. Kédjagni

VIA LIBERTE HEBDO TOGO

AddToAny

Share this

Pub

style="display:inline-block;width:728px;height:15px"
data-ad-client="ca-pub-7098819866645923"
data-ad-slot="9885453694">

PUBLICITE

Publicité

Jean-Pierre Fabre, Président ANC TOGO


« La limitation du mandat présidentiel n’est plus une question juridique
mais une question politique et d’éthique. Je dis bien d’étique
puisqu’il faut respecter la parole donnée, les accords signés. Il faut
que cet accord soit aujourd’hui respecté puisqu’un accord politique est
au-dessus de la Constitution et des lois de la République»
Jean-Pierre Fabre

Horoscope

Live Score

Jeux en Ligne

Sylvanus Olympio (1902-1963) : premier président du Togo

suivez-nous sur Twitter

Togosite sur Facebook

PR Newswire