L’Agence Nationale de Gestion de l’Environnement (ANGE), comme son nom l’indique, est une structure très active du Ministère de l’Environnement qui joue déjà un rôle de gardien du temple et qui est appelée à assumer, à l’avenir, une mission clé dans la gestion de l’Environnement dans notre pays au fur et à mesure que des moyens adéquats lui seront octroyés.

Jusqu’à présent mal connue pour plusieurs raisons : volonté délibérée affirmée d’une certaine partie de la hiérarchie de l’étouffer pour s’approprier ses prérogatives, manque de moyens appropriés pour faire face à ses nombreuses missions, manque d’accompagnement médiatique suffisant, l’ANGE évolue contre vents et marées.

En dépit donc de tous ses handicaps, cette Agence qui est l’interface reconnue au Togo par les organisations internationales de gestion de l’Environnement dans le monde, fait son bonhomme de chemin en organisant des contrôles spontanés dans certaines grandes unités industrielles de notre pays. Le cas de WACEM dans la Préfecture de Yoto, objet d’un article récent dans nos colonnes, en est une illustration patente.

C’est dans cet élan qualitatif que l’ANGE, dans le cadre de ses activités de contrôle et de la mise en œuvre des plans de gestion environnementale (PGES), a organisé le jeudi 22 juin 2017, une descente contrôle inopiné dans les carrières ouvertes dans le canton de Dalavé (Préfecture du Zio). Cette opération organisée conjointement avec le Ministère des Mines et de l’Energie (Direction régionale des Mines et de la Géologie. Région Maritime) et appuyée par la Police Nationale, a atteint ses objectifs.

En effet, cette intervention a permis de découvrir dix carrières non autorisées dans lesquelles plusieurs saisies ont été réalisées, à savoir :

1°/ une vingtaine de camions ;

2°/ des matériels divers ;

3°/ cinquante et une (51) personnes dont des manœuvres et des exploitants ont été appréhendées.

L’opération a été qualifiée de réussite par tous les acteurs sur place. Les personnes appréhendées, les véhicules et objets saisis ont été gardés au commissariat de Tsévié pour suite à donner.

Les Autorités en charge des Mines et de l’Environnement vont prendre les mesures idoines conformément aux textes réglementaires en vigueur pour sanctionner ces coupables qui dégradent l’environnement, en toute illégalité.

C’est le lieu de souligner que depuis quelques années, il s’est développé un peu partout sur le territoire national, des activités d’exploitation du sable silteux et du gravier. Ces activités ont pris une certaine ampleur dans la région Maritime après l’interdiction du prélèvement du sable de mer sur tout le littoral du Togo par Arrêté interministériel N° 031/MME/MERF/2011 du 05 Mai 2011 complété par l’arrêté N°002 /MME/MERF/2013 du 15 janvier 2013 compte tenu de l’avancée significative de l’érosion côtière et de ses conséquences néfastes sur les installations humaines et les infrastructures balnéaires.

En dépit des dispositions légales prises par l’Etat, notamment l’ouverture de la filière d’exploitation de sable continental au secteur privé qui, pour ce faire, doit disposer préalablement d’un permis d’exploitation du Ministère des Mines et d’un certificat de conformité environnementale, les exploitants togolais ou étrangers créent des carrières sauvages où bon leur semble pour l’extraction des matériaux de construction au mépris des règles régissant la sauvegarde de l’environnement. Cette situation qui fragilise dangereusement nos écosystèmes doit prendre fin.

L’exploitation de carrière illégale a pris une proportion inquiétante dans la Région maritime. Des sites d’extraction de sable se sont multipliés de façon vertigineuse et abusivement ces dernières années dans les quartiers et villages environnants la ville de Lomé et à l’intérieur du pays sans étude d’impact environnemental et social, ni permis d’exploitation.

Ces carrières sont situées parfois dans des zones humides ou dans des zones très fragiles et laissent, après extraction de sable, des bassins d’eau ou des grands trous d’environ 5 à 15 m de profondeur au mépris des textes régissant la sauvegarde de l’environnement.

Des maisons en construction se situant juste au bord des bassins sont menacées. Aussi, on observe également des maisons habitées situées à moins de 50 m des bords de trous des carrières comme par exemple : à NIMAGNA dans la préfecture des Lacs. Dans ce dernier village, les carrières sont situées à proximité des rails. Ce qui présente des risques évidents d’éboulement, de chute et de noyage surtout des enfants qui peuvent s’aventurer sur le site.

L’exploitation anarchique de sable continental fait souvent la une des journaux avec des interpellations à l’endroit des Ministres de l’Environnement et des Mines. Notons que ces exploitations illégales et anarchiques avaient déjà fait l’objet d’une conférence de presse des organisations de la société civile (OSC) qui ont interpellé les Ministres en charge des Mines et de l’Environnement. En vain.

Rappelons que l’ANGE a déjà fait des descentes dans les circonstances pareilles dans le Bas-Mono, précisément à Agbétiko dans la Société EESG et à SEDAYAME où des exploitants ont été interpellés.

C’est le moment où jamais, une fois encore, d’appeler l’attention des populations avoisinantes sur ces genres de cas qu’ils doivent dénoncer à l’ANGE dans l’intérêt général.

Nous ne devons jamais perdre de vue que notre environnement sera ce que nous en ferons. Il est également notoire que l’homme joue un rôle néfaste dans la dégradation de son environnement.

Nous devons donc nous investir pour éviter de nous retrouver devant des catastrophes provoquées par nos propres actes pour des raisons mercantiles.

En ce siècle de prise de conscience planétaire où l’Accord de la COP 21 a été signé à PARIS pour attirer l’attention de l’humanité sur les enjeux de la gestion efficiente de l’Environnement, nous devons savoir raison garder. Il en va de notre propre survie sur la terre, notre patrimoine commun.

Rodrigue


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