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Le président Compaoré va donner une seconde chance au dialogue intertogolais - 29/07/06

TOGO - Treize ans après une première intervention, le président burkinabé Blaise Compaoré a été appelé une fois de plus à la rescousse pour tenter de débloquer le dialogue politique intertogolais, enlisé notamment dans des débats autour des modes de scrutin.

Blaise Compaoré a reçu mercredi une délégation du Bureau du dialogue intertogolais conduite par son président, Me Yawovi Agboyibo, et accepté formellement l’offre de médiation qui lui a été proposée à "l'unanimité" par l’ensemble de la classe politique togolaise.

Les discussions entamées à Lomé le 21 avril dernier n’ont pas permis aux Togolais de s’entendre sur tous les points, d’où le recours à un "facilitateur" choisi parmi une liste de dix personnalités.

Cette liste a été proposée par l’Union des forces pour le changement (UFC, de Gilchrist Olympio) et la Convention démocratique des peuples africains (CDPA, de Léopold Gnininvi), deux partis d’opposition qui ont refusé de "parapher" le 6 juillet dernier un accord politique "de base".

D’après Me Agboyibo, les discussions entamées "en interne" entre les acteurs politiques et la société civile ont permis de "régler 80% (des points) inscrits à l’ordre du jour".

Les points restants, sur lesquels le président burkinabé doit se pencher, sont liés au mode du scrutin, à la composition de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) et à la réforme de l’armée et à la lutte contre l'impunité.

Une fois de plus, comme en 1993, le chef de l’Etat burkinabé est invité à donner une seconde chance à ces discussions qui doivent permettre au Togo, petit pays d’Afrique de l’Ouest et l’un des plus pauvres au monde, de sortir de la crise et de renouer les liens de coopération avec l'Union Européenne (UE).

L’ancien président du Comité de suivi sur la crise togolaise, Me Hermann Yaméogo, a confié mercredi que "Blaise Compaoré peut réussir la mission difficile qui lui est confiée s’il parvient à résorber les points de blocage qui persistent dans ce difficile dossier togolais".

Alors que la crise politique s’était exacerbée en 1993 à la suite de la Conférence nationale indépendante, le président Compaoré, sollicité, avait permis la tenue un an plus tard, des élections législatives et municipales auxquelles l’ensemble des partis politiques avait pris part.

Mais son engagement n'avait pas suffi à résoudre la question cruciale de la sécurité, obligeant l’opposant historique Gilchrist Olympio à rester en exil au Ghana, puis en France.

Hermann Yaméogo, aujourd’hui farouche opposant au pouvoir du président Compaoré, estime toutefois que le chef de l’Etat burkinabé a "toutes les cartes en main" pour régler la question togolaise.

"Les Togolais ont de la chance de s’accorder sur un médiateur pour dégripper leur vie politique et relancer la démocratie", a-t-il indiqué.

Reste à savoir comment le président Compaoré va s’y prendre pour réunir autour d’une même table le parti au pouvoir et les opposants déterminés.

Pour un des anciens négociateurs burkinabé, le mieux serait de les réunir à Ouagadougou, "terrain neutre" afin de les convaincre que "la paix au Togo importe plus que les intérêts des personnes".

Aucune date n'a encore été fixée quant au démarrage des discussions facilitées par M. Compaoré. Certaines sources estiment que le dialogue pourrait commencer en août à Ouagadougou.

AFP
 
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