Plusieurs quartiers de Lomé envahis par des eaux de pluie

Lomé (PANAPRESS, 09/06/05) - Plusieurs quartiers en amont de la lagune de Bè et la partie sud-est de Lomé sont sous les eaux suite aux pluies diluviennes qui se sont abattues sur la capitale togolaise ces derniers jours, poussant les habitants à déménager ou à vivre au milieu de grandes flaques d'eau comme des batraciens, a constaté la PANA.

A Kanyikopé, quartier sud-est de Lomé et derrière la zone portuaire et industrielle, on se croirait dans une cité lacustre: la paroisse Maria Auxiliadora de l'église catholique de la localité trônait royalement dans l'eau.

Pour accéder à leur église, les paroissiens ont disposé des briques sur une distance de plus de 100m.

A côté, une dame d'environ 45 ans, dans son petit atelier construit avec de la claie et portant cette inscription: "Couture, Dieu n'oublie personne", fait vraiment pitié à tout passant.

Assise sur un tabouret, elle essayait presque à chaque instant, à l'aide d'un gobelet, d'évacuer l'eau qui a envahi sa boutique...mais en vain.

Tout le quartier est sous les eaux et il est difficile de sortir pour aller à l'école, affirma Dédévi K., élève en classe de cinquième dans un collège.

"Nous ne portons que des sandalettes", ajoute Dédévi, désignant du doigt ses autres camarades, surtout les garçons, obligés de retrousser le pantalon jusqu'aux genoux ou au niveau des mollets pour traverser les flaques d'eau.

Des revendeuses continuent tranquillement leur petit commerce dans ces eaux nauséabondes, comme si de rien n'était. A côté, des enfants et quelques jeunes munis d'hameçons et de paniers, s'adonnent à la pêche sous le regard de plusieurs curieux et de parents.

Dans la plupart des maisons, l'eau s'est infiltrée jusque dans les chambres à coucher. Il n'est pas rare de voir des lits posés sur des blocs de pierre et de briques pour éviter que le matelas ne soit mouillé.

Dans plusieurs autres quartiers du centre de la capitale et au nord-est, c'est la même situation qui prévaut à la suite du débordement de la lagune qui ceinture le centre de Lomé.

De sources proches de la délégation interministérielle (composée des ministres de l'Environnement, de l'Urbanisme et de l'Habitat, de l'Education nationale et de la Recherche, de même que celui des Affaires sociales) qui a sillonné les zones sinistrées, les inondations survenues après les pluies diluviennes qui se sont abattues sur Lomé et ses environs ont été favorisées par des constructions anarchiques dans les dépressions naturelles, notamment dans le lit majeur de la rivière Zio (nord-est de Lomé) et la transformation des bassins en dépotoirs par les populations riveraines.

Publié le10/06/05

togosite.com


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