Le gouvernement Kodjo ne réglera pas la crise togolaise (Secrétaire exécutif de la Coalition de six partis de l'opposition)

LOME, (XINHUANET, 22/06/05) - Le Secrétaire exécutif de la Coalition des six partis de l'opposition radicale togolaise, Jean- Pierre Fabre a estimé mardi, dans une interview accordée à la radio BBC que la nouvelle équipe gouvernementale hétéroclite mise en place lundi par le premier ministre Edem Kodjo ne peut contribuer à la résolution de la crise politique au Togo.

M. Fabre qui est également le Secrétaire général de l'Union des Forces de Changement (UFC, principal parti de la Coalition), a fustigé les personnalités plus ou moins proches de l'opposition radicale et qui ont accepté d'entrer dans le gouvernement en les traitant de "gens qui sont allés à la soupe".

"C'est le constat qu'il y a toujours des gens pour aller à la soupe...", a-t-il déclaré en rires.

A la question de savoir si la présence de certains membres de la Coalition et de plusieurs figures de l'opposition dite modérée n'était pas révélatrice d'un échec de ladite coalition, M. Fabre a répondu par "non, pas du tout".

Il est allé même plus loin, en déniant la qualité d'opposant aux opposants dits modérés. "Il n'y a pas d'opposition radicale et celle modérée...Il existe le pouvoir en place et l'opposition démocratique. Pour ce qui est des terminologies comme opposition modérée, opposition lucide ou constructive, ce sont des blagues qui cachent une appartenance à la mouvance présidentielle", a-t-il ajouté.

Le Secrétaire exécutif de la Coalition radicale estime par ailleurs que le gouvernement Kodjo "ne fera qu'exécuter les instructions du système en place" et appelle à un dialogue " sérieux", selon ses propres termes, pour sortir de la crise.

La Coalition radicale a annoncé la semaine dernière son boycott du nouveau gouvernement, alléguant que le premier ministre Kodjo chargé de le former n'est pas issu de ses rangs. La Coalition avance comme deuxième raison le rejet par la mouvance présidentielle de sa plate-forme revendicative d'un certain nombre de garanties auxquelles elle conditionnait sa participation au gouvernement.

Le camp présidentiel a en effet jugé anticonstitutionnels beaucoup de points de la plate-forme, car selon lui, ces points remettent en cause certaines prérogatives du chef de l'Etat Faure Gnassingbé.

Publié le 22/06/05




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