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- 14/05/07



 

COMPTE RENDU DE LA SEMAINE DES PATRIOTES

A l’occasion du deuxième anniversaire des évènements d’avril 2005, la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) a organisé du 21 au 29 avril 2007, une semaine d’activités en mémoire des victimes ; dénommée « Semaine des Patriotes » qui s’est déroulée au CESAL de Tokoin Séminaire, à Lomé. Elle visait à rendre hommage à celles et ceux là qui ont donné leur vie pour le Togo, réclamer la fin de l’impunité au Togo, jeter un regard critique sur l’engagement de la jeunesse, ressasser la question de l’indépendance du Togo et réfléchir sur les voies et moyens pour construire la démocratie au Togo … (Voir annexe I)

La Semaine des Patriotes a connu plusieurs manifestations.

  1. Journée 1 : Lancement de la Semaine des Patriotes.

C’est avec une conférence-débat dont le thème est « Armée et élections en Afrique : cas du Togo » que la Semaine des Patriotes a été lancée. C’était le samedi 21 avril 2007 à 14 heures 30 minutes au CESAL.

Dans ses mots de bienvenue aux participants, le Président de la J.U.D.A, M. Benjamin NALIALI s’est félicité de la présence de la jeunesse et de la presse au lancement de cette semaine dédiée aux Patriotes togolais. Il a souligné que la J.U.D.A ne veut pas par ce thème, vilipender l’armée mais situer avec exactitude la place qui est la sienne dans un processus électoral.

Au cours de la conférence, les responsables de la J.U.D.A ont déclaré qu’ils changent de méthode de communication en expérimentant « l’Ecole de la démocratie où tous les participants sont conviés à prendre la parole sur le thème. »

S’adressant aux participants, le Secrétaire Général, Rodrigue KPOGLI a déclaré dans une introduction liminaire, que les élections constituent une procédure permettant à une population de choisir ses dirigeants. Après avoir fait la distinction entre l’armée et la police, M. KPOGLI a ajouté que dans la procédure conduisant au choix des dirigeants, l’armée n’a d’autres rôles à jouer que de sécuriser le processus électoral en veillant à l’intégrité des frontières nationales. Mais, a-t-il constaté « curieusement, dans beaucoup de pays africains et particulièrement au Togo, ce sont les armes qui ont remplacé le peuple dans la dévolution du pouvoir. Cet état de choses, est une entorse hautement grave à la démocratie et à l’évolution de la société togolaise. » En exemple, il a cité le rôle de l’armée lors des élections présidentielles de 1993, de 1998 au cours de laquelle la Commission Nationale Electorale a été dissoute, de 2003 et surtout de 2005 avec le vol des urnes et le massacre des populations togolaises qui refusaient la forfaiture.

Pour Rodrigue KPOGLI, l’armée doit laisser le jeu démocratique se faire par le peuple. « La mission de l’armée n’est pas du tout de choisir les dirigeants d’un pays » a-t-il martelé. « Au moment où les élections législatives s’annoncent au Togo, il nous paraît fondamental de rappeler ceci aux forces de défense et de sécurité. » précisait-il.

Après ces quelques précisions, c’est le tour des participants de prendre la parole. Il est à noter que beaucoup ont montré leur intérêt pour les activités de la J.U.D.A et salué le thème qui sert de lancement à la Semaine des Patriotes.

Sur le thème proprement dit, les intervenants ont unanimement désapprouvé l’implication de l’armée dans le choix des dirigeants. Ils ont établi en de termes variés mais clairs que si le processus démocratique marque le pas au Togo, c’est bien parce que l’armée est de façon incontestable, politiquement engagée. Tous ont souhaité que ces agissements cessent pour le bien du Togo. Ils ont aussi insisté sur le renforcement des relations civilo-militaires, la formation civique et la fin de l’impunité… pour qu’un Togo nouveau émerge.

Les débats ont été d’autant plus riches que les organisateurs avaient donné l’opportunité aux participants de dire ce qu’ils pensent et n’ont eu finalement qu’à jouer la modération lors des échanges entre participants. C’était véritablement un bel exemple d’école de démocratie !

Concluant les travaux, M. KPOGLI a déclaré qu’il est impératif que l’armée togolaise cesse de se substituer au peuple dans la désignation de ses dirigeants. Il a asséné : « en réalité c’est l’armée togolaise qui, par ses multiples répressions, a poussé l’Union Européenne et les autres bailleurs de fonds, à suspendre leur coopération avec le Togo. Il est temps qu’elle le comprenne et qu’elle fasse des efforts pour faire évoluer les choses. »

Le Secrétaire Général a aussi proposé des mesures telles que la fin de l’impunité au Togo, la suppression du vote des forces de défense et de sécurité 72 heures avant les autres citoyens pour qu’elles votent le même jour que les autres ou leur transformation en une composante neutre qui ne vote pas du tout, la soumission de l’armée au pouvoir civil démocratiquement élu ; pour que l’armée togolaise sorte des processus électoraux.

Notons que Claude Améganvi, du Parti des Travailleurs a fait une intervention très riche lors des échanges. Il parlé notamment de la nécessité de dissoudre l’armée togolaise qui a fait trop de torts au peuple togolais en étouffant ses revendications démocratiques. Cette dissolution est un point du programme du Parti des Travailleurs à savoir son point 2.

  1. Journée 2 : retrouvailles et recueillement suivis d’échanges.

Cette deuxième journée de la Semaine des Patriotes a démarré à 9heures 30 avec une projection de film sur le combat pour l’indépendance du Togo. Un film très enrichissant d’environ 50 minutes qui retrace les grands combats du peuple togolais jusqu’à la proclamation de la souveraineté internationale, en passant par la victoire des nationalistes au référendum du 27 avril 1958. Ce fût très émouvant !

Puis une minute de silence a été observée en mémoire des Patriotes suivie de l’hymne national vaillamment exécuté par les participants tous émus. Après ces actes, M. Benjamin NALIALI, président de la J.U.D.A a pris la parole. Dans son intervention, il a déclaré que dans le cadre de la Semaine des Patriotes, son organisation juge utile de jeter un regard sur la question de la souveraineté du Togo.

M. NALIALI a précisé que depuis le meurtre crapuleux de Sylvanus Olympio, à l’aube des indépendances, la question de savoir si le Togo est réellement indépendant ou non, mérite d’être posée.

Parlant du thème central de la rencontre « indépendance du Togo : fiction ou réalité? », il a estimé que c’est une question importante dont la solution doit provoquer le changement de mentalité et de méthode de lutte pour qu’un lendemain meilleur soit garanti pour un Togo économiquement fort et démocratiquement stable.

Les différentes organisations invitées ont eu la parole pour délivrer leur message. C’est alors que M. Séna NOMENYO, Secrétaire Général de l’ONUTA (Observatoire National pour l’Unité Totale de l’Afrique), au nom de son organisation, s’est félicité de la tenue de la Semaine des Patriotes. Après avoir dressé un sommaire bilan des 47 ans d’indépendance du Togo, il lancé à l’endroit de la jeunesse togolaise, un appel à l’unité pour sortir le pays de sa situation difficile.

Le Secrétaire Général de Afrique Tradition, M. Zinsou Afanvi, a, dans son intervention, salué le combat mené par la J.U.D.A pour la démocratisation du Togo. Il a déclaré que Afrique Tradition s’inscrit dans ce combat qui, en réalité, est un combat pour la libération du continent africain étant donné que c’est du Togo qu’est parti le sabotage de l’indépendance des pays africains avec l’assassinat de Sylvanus Olympio. Il a rassuré les combattants de la liberté de l’intervention de l’ordre naturel dans les choses au Togo avant d’appeler tout le peuple togolais à cultiver les valeurs morales africaines et la foi dans les croyances ancestrales.

Rodrigue KPOGLI, Secrétaire Général de la J.U.D.A prend ensuite la parole pour replacer les manifestations dans leur contexte. Il a donné des détails sur la Semaine des Patriotes, expliqué les motifs qui ont conduit au report de la marche pacifique prévue contre l’impunité et tracé le contour du reste de l’agenda. Il a donné lecture à une motion de soutien de la jeunesse de l’UPC (Union des populations du Cameroun) qui, dans un élan panafricaniste, salue les efforts de la J.U.D.A et mis en garde le pouvoir togolais contre les éventuelles atteintes à l’intégrité de la jeunesse togolaise et des responsables de la J.U.D.A particulièrement. Une motion de soutien qui a été chaleureusement applaudie par les participants. (Voir Annexe II).

Le Secrétaire de la J.U.D.A, revenant aux manifestations du jour, déclare que son organisation a choisi de célébrer l’indépendance du Togo autrement en s’inscrivant dans une logique de réflexion plutôt que d’organiser une journée dansante au cours de laquelle, le manger et la boisson couleraient à flot. Sans renier le combat du peuple togolais et la proclamation de l’indépendance le 27 avril 1960, M. KPOGLI affirme que la question « indépendance du Togo : fiction ou réalité ? » mérite d’être posée au regard de la situation du pays. Selon lui, l’indépendance du Togo et des pays africains globalement, est réduite à une indépendance de drapeau, de timbre et d’hymne national. Selon ces termes, « le droit à l’autodétermination, consubstantiel à l’accession à la souveraineté internationale, en vertu duquel les peuples ont le droit de déterminer librement leur statut politique et d’assurer librement leur développement socio-économique et culturel et aussi leur souveraineté pleine et entière sur leurs richesses et ressources naturelles, est n’est pas une réalité au Togo ».

Après avoir établi que financièrement, politiquement et culturellement, le Togo dépend de l’extérieur, Rodrigue KPOGLI ajoute que la pénurie d’eau et la crise énergétique que connaît actuellement le pays, doivent susciter des interrogations dans chaque conscience. « Où est notre indépendance lorsque nous ne pouvons choisir librement nos dirigeants, ne pouvons produire nos besoins alimentaires et énergétiques, ne pouvons régler nos difficultés budgétaires et financières sans nous endetter, nous sommes sous surveillance militaire de l’extérieur à travers les bases militaires et les stationnements des troupes à nos aéroports ? ». Rodrigue KPOGLI a demandé aux communicateurs d’apporter des réponses à ces questions pour que la jeunesse prenne ses responsabilités, peut-être dans le sens de l’accomplissement de l’indépendance eue dans les années 1960.

LES COMMUNICATIONS

Au total, 4 communications très riches meublé la journée. Les orateurs ont tous fait des exposés non écrits mais très fouillés, qui ont suscité de véritables débats.

1ère communication : « Combat pour la conquête de l’indépendance nationale ». Présentée par Godwin TETE-ADJALOGO.

M. Godwin TETE-ADJALOGO a apporté des clarifications sur les différentes étapes de la conquête de la souveraineté par le peuple togolais.

Dans son exposé, l’orateur a cité les raisons qui ont postulé à la naissance du mouvement nationaliste (aujourd’hui, patriotique) au Togo. Ainsi, il a fait référence aux écoles (à Aného, par exemple) créées par les missionnaires avant même la colonisation, au Petit Dakar où on entrait sur concours après le certificat d’études primaires et plus tard au Lycée Bonnecarrère, à Lomé, d’où sortait déjà une élite qui se sentait capable de prendre en main le pays et le diriger avec les notables. Il a également cité l’influence du mouvement de réunification du peuple Ewé et le mouvement panafricaniste avec les Garvey, Dubois, la Deutsch-Togo Bund… qui ont renforcé la détermination des Togolais à aller dans le sens de la revendication indépendantiste. 

M TETE a en outre parlé de la structuration de la lutte et surtout des rôles respectifs des différents acteurs.

Sur la question de la structuration, il a affirmé que les Togolais, sachant que tout combat nécessite un minimum d’organisation et comprenant, ont commencé par se s’organiser et se structurer. C’est ainsi qu’en mai 1945, une conférence a réuni à Lomé, l’élite togolaise au palais de Justice où les jalons de la lutte pour l’indépendance, sont posés. Puis, il y a eu la création des Partis politiques tels le PTP créé par Pedro Olympio qui fera plus tard scission pour fonder le MPT, du CUT, une association transformée en parti politique à Kpalimé par Sylvanus et ses amis. Toute chose qui a conduit à l’élection de Martin Aku à la constituante de 1946 après que les Togolais aient mis en échec le choix d’un représentant commun pour le Dahomey et le Togo.

Pour M. TETE, le colonisateur a durci le ton mais les nationalistes- qu’il appelle aujourd’hui, les Patriotes- sont restés fermes jusqu’au referendum du 1956 que la France a estimé favorable à la « Zotonomie zinterne » ou la « Zotonomie yombo ».

Le communicateur a mentionné certains faits qui ont démontré à l’ONU et au monde entier que les Togolais n’étaient pas favorable à la « Zotonomie zinterne » alors même qu’une mission onusienne conduite par le Libérien King séjournait au Togo. Il s’agit de la révolte des Juventistes qui ont lacéré le drapeau de la « Zotonomie zinterne » au stade Clemenceau, du soulèvement des paysans à Hodo après un massacre suite aux échauffourées liées à l’arrestation d’un des leurs. C’est suite donc au rapport de King que l’ONU a pris une résolution pour de nouvelles élections au Togo en 1958 qui a abouti à la victoire des nationalistes (patriotes) puis à la proclamation de l’indépendance du Togo le 27 avril 1960.

M. TETE a précisé que le 27 avril 1960, la Nation togolaise étant née au moment où feu Eyadéma GNASSINGBE était encore en guerre pour la France. Dans cette logique, a-t-il déclaré « cela m’inspire de la nausée lorsqu’on proclame Eyadéma père de la Nation et Olympio, père de l’indépendance. Je préfère marcher la tête en bas que de l’accepter.» Cette déclaration suscita un tonnerre d’applaudissements dans la grande salle du CESAL.

Touchant le rôle des acteurs, l’orateur n’a pas manqué d’éloges à l’endroit des femmes, des jeunes de l’association Jeune Togo et du JUVENTO qui, à l’époque se sont donnés pour que le Togo soit indépendant. Malheureusement, la JUVENTO, selon ses termes, s’est prostitué ces derniers temps.

Concluant sa communication, M. TETE a, sous la permission de l’orateur suivant, confié « pour ma part, répondant à la question : indépendance du Togo : fiction ou réalité ? le 27 avril 1960, l’indépendance du Togo, arraché de hautes luttes, était une réalité. Sylvanus Olympio avait payé toutes les dettes du Togo et démarré une politique de gestion interne saine. Mais aujourd’hui, l’indépendance du Togo c’est plus qu’une fiction au regard de l’état du développement du Togo. » Il a fait allusion à la pénurie d’eau et d’électricité puis de la monopolisation de l’Hôtel Le Bénin, véritable patrimoine de l’indépendance, par l’armée française.

2éme communication : « indépendance du Togo : fiction ou réalité ? ». Présentée par M. Victor Komla ALIPUI.

Après avoir salué l’initiative et la présence de certaines personnalités légendaires notamment M. Joseph Lawson-Placca, Abdoul Salami…, M. Victor Komla ALIPUI a déclaré avoir accepté l’invitation à cette rencontre au nom du devoir sacré de dire la vérité aux plus jeunes.

Dans son exposé, l’orateur a fait quelques précisions sur le mouvement des pays africains vers les indépendances, avant d’ajouter que l’indépendance, c’est le fait d’être chez soi et de s’occuper de ses propres affaires même si l’interdépendance n’est pas à bannir. « Il faut, lorsqu’on est indépendant, compter avant tout sur ses propres forces» a-t-il souligné.

Abordant la question à laquelle sa communication devait répondre, M. Alipui a dit clairement que l’évidence ne peut être démontrée et que l’auditoire n’a pas besoin de son exposé pour imaginer la réponse. Il a souligné qu’il ne suffit pas d’avoir un drapeau et un hymne pour prétendre être indépendant.

Il a affirmé très clairement que l’indépendance n’a aucun sens dans un pays où il manque d’eau et d’énergie et où les ressources humaines sont mal gérées de sorte que l’alternative, c’est de prendre d’assaut les frontières des pays occidentaux.

Pour M. Alipui, la génération actuelle veut après l’indépendance, la démocratie. Mais a-t-il ajouté « peut-on aller à la démocratie si on a le sentiment d’être dépendant de l’extérieur ? ». A ce sujet, il a expliqué la dette qui bloque le démarrage du Togo sur tous les plans alors que cette dette a été apurée par Sylvanus Olympio au moment où le Togo allait proclamer son indépendance (Sylvanus a payé la dette de 800 millions de francs CFA à la France avant de proclamer l’indépendance). « Si vous avez l’indépendance politique et que économiquement, vous vous tournez vers l’extérieur pour équilibrer votre budget ou financer votre développement, alors c’est une fiction de dire qu’on est indépendant. » a-t-il dit.

C’est dans cet ordre que M. Alipui a déploré le fait que nos Etats africains se tournent vers les autres qu’ils ont repoussé hier, pour prendre de l’argent qu’ils investissent dans des projets qui improductifs. Ce qui de toute évidence alourdi la dette. Et pour régler ce problème, on est passé des mesures d’ajustements structurels aux programmes d’ajustements renforcés avec le blocage des salaires, des indemnités, des recrutements dans le secteur public, instauration des impôts de solidarité, augmentation des impôts…Mais toutes ces mesures qui en réalité appauvrissent les populations, ont plutôt aggravé les problèmes. Et donc la dépendance devient perpétuelle et on retourne toujours auprès des bailleurs. C’est pour cela que M. Alipui dit que le message du 27 avril n’est pas respecté. « On va jusqu’à se satisfaire d’être un PPTE ou un PMA. C’est une honte ! ».

Alors, selon M. Alipui « pour donner un sens à notre indépendance et au message du 27 avril (c'est-à-dire que nous voulons nous prendre en charge nous-mêmes) , nous devons dénéocoloniser et démocratiser le Togo et tous les autres pays africains, car jusqu’ici, nous évoluons dans les structures léguées par la colonisation. On n’a pas changé ces structures pour aller vers des structures nous permettant de faire notre développement à partir de nos propres moyens ». Mais a-t-il précisé, ceci ne peut se faire que dans le cadre d’une fédération d’Etat.

Il a exhorté la jeunesse à l’abnégation, à la détermination et au sacrifice car le combat sera encore long puisque le colon va s’opposer. « Les provocations, les embûches ne vont pas manquer. C’est un combat que vous devez livrer mais soyez égal à vous-mêmes et courageux et un jour vous aurez la victoire car c’est un combat de nationalistes et dans ce genre de lutte, le colon ne peut jamais gagner. Le peuple étant toujours patriotes ! », a-t-il lancé à l’endroit de la jeunesse.

3éme communication : « 44 ans d’impunité au Togo depuis l’assassinat de Sylvanus Olympio ». Présentée par Claude AMEGANVI

L’orateur, après avoir fait quelques précisions sur la mort du premier président élu du Togo, Sylvanus olympio, assassiné par les demi soldes démobilisés, a indexé directement la France d’avoir prémédité cet assassinat. Pour preuve, M. Améganvi affirme que « la RFI avait annoncé la mort d’Olympio à 6 heures alors qu’en réalité celui-ci ne fut tué qu’aux alentours de 7heures. Il est prouvé aussi que Foccart était au Bénin lors du coup. Or il est admis que lorsque Foccart est dans une région, il advient généralement un coup d’état. » Donc pour le Secrétaire chargé à l’organisation du Parti des Travailleurs, l’assassinat de Sylvanus Olympio est un coup supervisé par le réseau Foccart. Et selon lui, c’est ce coup d’état qui est fondateur de l’impunité au Togo ; une impunité qui aux dires du communicateur, est destinée à protéger les crimes commis par la France au Togo avec les militaires locaux.

Après avoir accédé au pouvoir en 1967 par cet assassinat impuni, Eyadéma Gnassingbé crée son parti politique deux ans plus tard pour donner l’impression de normaliser la vie politique au Togo. Mais, très rapidement, il allait, selon M. Améganvi, débuter une série de tueries.

Dans un développement cohérent, fluide et détaillé, M. Claude Améganvi, passe en revue tous les actes criminels du régime en place depuis 1963 au Togo. Il a cité l’assassinat des nationalistes tels que Clément Kolor en 1970 suite au tristement célèbre affaire du « complot du 08 août 1970 », Laurent Djagba et bien d’autres.

Pour Claude Améganvi, les assassinats politiques avaient touché toutes les couches de la société togolaise, notamment l’armée. Et dans les rangs de celle-ci, il y a en eu plusieurs. Il a listé les cas de Bokobosso en 1973, de Georges Bayessou Pana en 1974, de Paul Comlan en 1975, de Koffi Kongo…etc. Il a également cité de nombreux cas à Kasaboua, Otadi où étaient torturés à mort de nombreux militaires et officiers pour des faits souvent imaginaires. Il n’a pas manqué de parler des évènements de mars 1993 qui ont conduit à une « épuration ethnique dans les rangs de l’armée », drainant beaucoup de militaires togolais en exile.

Parlant toujours des crimes impunis, M. Claude Améganvi a déclaré que Eyadema Gnassingbé a frappé sa propre famille notamment deux de ses enfants au motif qu’ils avaient marqué leur divergence quant à la gouvernance de leur père.

Pour le communicateur, le peuple togolais avait vécu des années noires entre 1980 et 1990 sous Eyadema. Dans cette série, il a cité les évènements du 23 septembre 1986, de mars 1991 avec les cadavres de la lagune de Bè, de la tuerie de Fréau jardin, des massacres lors de la grève générale et des affrontements interethniques, délibérément organisés à Bodjé, Guerin Kouka…etc.

Abordant la situation récente du Togo, M. Claude Améganvi estime « Faure Gnassingbé a perpétué l’héritage de son père en massacrant le peuple en 2005 pour parvenir au pouvoir. »

Il avancé même le chiffre de plus de 10.000 personnes tuées par le régime en place depuis 44 ans et ceci dans une impunité totale. Et, il a rendu « hommage aux valeureux patriotes, Tavio Amorin, Marc Atidépé, Léopold Ayivi etc…qui sont tombés pour la patrie.

Pour finir sa communication, M. Améganvi a salué les militants qui sont encore debout contre l’impunité au Togo. Il leur a demandé de ne pas baisser la garde et de ne pas sombrer dans le déshonneur de se faire substituer par les organisations des pays occidentaux dans la réclamation légitime de la justice au Togo.

4ème communication : « Jeunesse critique et engagée : quel bilan ? ». Présentée par Coco Akuété GAYIBOR.

Dans son exposé M. Gayibor a défini l’engagement comme une détermination volontaire de faire quelque chose pour le pays. Et selon lui, c’est cet engagement qui, hier dans ses manifestations, a permis la lutte et la victoire de l’indépendance remportée par le peuple togolais. Il a mentionné que c’est grâce à l’engagement que la jeunesse engagée de l’époque (la JUVENTO) a mené le combat avec le CUT pour parvenir au 27 avril 1960. Pour M Gayibor, l’engagement, à l’époque se traduisait par des actes de bravoure et de sacrifice. C’est ainsi qu’une Engagée ou un Engagé pouvait aller de Notsè à Lomé, à pied pour répondre à un appel ou à une réunion.

Mais, il déplore qu’aujourd’hui cette détermination patriotique ait disparu au sein de la jeunesse togolaise qui selon ses termes a été éduquée dans ce qu’on a appelé « le creuset national ». Pour l’orateur, « le creuset national qui a donné naissance à une organisation unique de la jeunesse, la JRPT donc, a porté un coup dur à l’engagement et à la critique. Cette idée a conduit au clientélisme et à l’abrutissement.» Il a continué en affirmant que tous ceux qui avaient dit non à cette pensée unique sont taxés de rêveurs, de vendeurs d’illusions ou même de maudits et sont systématiquement renvoyés. Avec des exemples précis, M. Gayibor a démontré qu’au sein de la jeunesse togolais, existent des individus qui donnent l’impression d’être engagés alors qu’en réalité, ils se positionnent pour se rendre service. Il a dénoncé aussi l’absence de critique objective da la part d’une grande partie de la jeunesse qui exprime son engagement dans le cercle ethnique au lieu de le faire plutôt dans un élan citoyen.

M. Gayibor a appelé la jeunesse togolaise à sortir de l’engagement partisan pour un engagement patriotique pouvant lui permettre de gagner la bataille de la démocratie et des droits de l’Homme comme ce fut le cas pour la JUVENTO de l’époque, qui avait travaillé et mobilisé les populations pour la victoire de l’indépendance.

LES DEBATS

Les communications avaient donné lieu à de vifs débats qui ont permis aux participants et aux journalistes de la presse écrite et audiovisuelle de prendre la parole. Ainsi, si beaucoup d’intervenants ont apporté des critiques ou appuis au travail fourni par chacun des communicateurs, d’autres ont plutôt posé des questions pour avoir plus de clarifications sur des notions développées et certains aspects passés, selon eux, sous silence.

Tous les intervenants ont avoué leur joie et leur satisfaction en participant à cette semaine des Patriotes qui leur a permis de s’enrichir et de fortifier pour leur engagement pour un Togo libre, démocratique et économiquement stable. Ils ont en outre demandé que ce genre d’évènements s’organise régulièrement pour permettre à la jeunesse togolaise de s’informer et de se former. Beaucoup ont mis l’accent sur la nécessité d’aller vers les populations et surtout la jeunesse de profondeurs du Togo, coupée de toute information crédible pour la sensibiliser à travers de telles manifestations.

Messieurs Joseph PLACCA et Abdoul Salami, de véritables archives vivantes, ont émerveillé les participants qui pour la plupart ne viennent que de les découvrir. Ils ont malgré leur âge, rapporté des faits avec une clarté extraordinaire. Leurs analyses de la situation du Togo montrent que ces Patriotes, parfois oubliés, doivent rester des références et des modèles à la jeunesse togolaise à qui ils ont prodigué de sages conseils.

A la fin des travaux, M. Godwin TETE a offert à la J.U.D.A, 03 livres (La palpitante quête de l’Ablodé et les 2 volumes de La longue nuit de terreur) pour, dit-il, encourager les efforts de l’association qui vient de donner une réponse aux inquiétudes qu’il a depuis longtemps exprimé en ce qui concerne la succession de la génération de Patriotes à laquelle, il appartient. Il a ajouté qu’il faut de l’aide à des organisations comme la J.U.D.A pour les rendre plus efficaces.

III- Journée 3 : Célébration religieuse en mémoire des Patriotes.

La Semaine des Patriotes a été fermée par une messe en mémoire des Patriotes. C’était au culte protestant le dimanche 29 avril 2007 à 9heures en présence des responsables de la J.U.D.A et de certains militants et sympathisants.

Une prière a été adressée en mémoire des Patriotes et surtout des membres de la J.U.D.A pour qu’ils soient protégés.

CONCLUSIONS ET REMERCIEMENTS

Ce qui a retenu toute attention lors de la deuxième journée de la Semaine des Patriotes, et qui est une agréable surprise pour la J.U.D.A, est que les manifestations qui devraient pendre fin à 12 heures 30 minutes (Voir Annexe III), n’ont été clôturées qu’à 17 heures alors que les participants n’ont montré aucun signe de fatigue. Au contraire, ils étaient encore mobilisés et attentifs. Cette mobilisation et cette détermination malgré la durée des activités, sont des indicateurs non négligeables.

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique rend un vibrant hommage à tous les Patriotes qui de loin ou de près, ont contribué à la réussite de cette Semaine des Patriotes.

Notre sincère reconnaissance à tous ces monuments qui, malgré le poids de l’âge, ont tenu à apporter du début à la fin des manifestations, leurs témoignages et réflexions pour éclairer les sentiers de la jeunesse togolaise voire africaine. Immense, est notre joie d’avoir eu le plaisir de côtoyer ces modèles.

Nos vives félicitations à tous les communicateurs pour leur travail rigoureux et enrichissant.

Nos encouragements et salutations militants à toutes et tous ces jeunes qui ont montré par leur mobilisation et leurs réflexions ainsi qu’analyses que l’espoir est permis au Togo.

Notre profond respect aux journalistes qui acceptent de nous accompagner et rapporter nos messages.

Nos sincères remerciements à la Jeunesse de l’UPC (Cameroun) pour son soutien qui est une preuve de la solidarité manifeste entre les jeunes panafricanistes.

LES ANNEXES

Annexe I : Présentation de la Semaine des Patriotes

SEMAINE DES PATRIOTES

Le 24 avril 2005, le peuple togolais est conduit, dans la précipitation et dans une ambiance ensanglantée, à une élection présidentielle visiblement jouée d’avance. Quelques heures après l’ouverture des bureaux de vote, le régime coupe les câbles téléphoniques et la connexion internet. Puis le duo Faure GNASSINGBE- Abass BONFOH et leurs alliés déclenchèrent par le biais des FAT (Forces Armées Togolaises) accompagnées par les milices, une opération de terreur en réponse au rejet populaire constaté lors du vote. Du 24 avril jusqu’au début mai 2005, environ 1000 patriotes togolais sont tombés sous les balles aussi bien à Lomé qu’à l’intérieur du pays. A ce jour, les auteurs et commanditaires de ces crimes baignent dans une impunité révoltante malgré les appels incessants d’organisations nationales et internationales de promotion de la démocratie et de défense des droits humains. 

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A), à l’occasion du deuxième anniversaire de ces douloureux évènements, élève ces morts et blessés au rang de Patriotes Martyrs et érige en leur mémoire une semaine d’actions dénommée, la « Semaine des PATRIOTES ».

Le programme :

  • samedi 21 avril 2007 à 14h 30 : conférence débat

Thème : Armée et élections en Afrique : cas du Togo.

Lieu : CESAL de Tokoin Séminaire.

  • mardi 24 avril 2007 à 8h 00 : marche pacifique contre l’impunité au Togo.

Point de départ : Château de Bè. Point de chute : Haut commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU.

  • vendredi 27 avril 2007 à 10 h 00 : retrouvailles et recueillement suivis d’échanges autour des sujets :
  1. Indépendance du Togo : fiction ou réalité ?
  1. 44 ans d’impunité au Togo depuis l’assassinat de Sylvanus Olympio.
  2. Jeunesse critique et engagée. Quel bilan ?

Lieu : CESAL de Tokoin Séminaire.

  • dimanche 29 avril 2007 : célébration religieuse en mémoire des Patriotes.

Tous les démocrates et militants ainsi que les organisations travaillant pour la liberté et les droits humains sont cordialement invités à participer ce programme citoyen.

Contactez : lajuda2000@hotmail.com

Annexe II : Motion de soutien de la Jeunesse de l’UPC à la Jeunesse Togolaise.

Union of the Populations of Cameroon

Union des Populations du Cameroun

BP : 2860, Douala Cameroun, Tél :(00237) 342 86 29

DEPARTEMENT JEUNESSE

******************************

MOTION DE SOUTIEN

A LA JEUNESSE UNIE POUR LA DEMOCRATIE EN AFRIQUE

(J.U.D.A)

     Chers camarades,

     Le Département Jeunesse de l’Union des Populations du Cameroun (UPC) suit avec beaucoup d’attention la situation au Togo et la lutte que vous menez pour la défense des droits de l’Homme et l’instauration de la vraie démocratie dans votre pays.

      En profitant de vos manifestations marquant la célébration de la semaine des patriotes, nous voulons tout d’abord vous féliciter pour cette initiative qui honore la mémoire de ceux qui ont donné de leur vie afin que les libertés individuelles et collectives et la démocratie ne soient pas un leurre dans votre pays, ensuite vous apporter notre soutien indéfectible et notre disponibilité dans votre combat quotidien.

      Comme vous pouvez le constater camarades, les droits et libertés des citoyens en Afrique en général et dans votre pays en particulier n’ont jamais été une partie de plaisir. Il faut mener une bataille tout le temps, nuits et jours, sans relâche et vous, malgré les multiples obstacles de toute nature rencontrés (agressions psychologiques, morales et parfois physiques, privations de toute sorte) dont vous faites l’objet au quotidien, vous avez placé l’intérêt de tous les citoyens togolais avant votre intérêt individuel.

      Et c’est en cela que votre lutte, notre lutte est juste, noble et plein d’espoir pour un Togo où les droits et libertés des citoyens sont protégés par un Etat de droit, pour une Afrique démocratique et libre.

      En ce jour où vous célébrez la semaine des patriotes, surtout dans un climat de répression sournoise, le Département Jeunesse de l’Union des Populations du Cameroun (UPC) :

  • vous réitère tout son soutien et vous assure de sa disponibilité dans toutes vos sollicitations militantes ;
  • met le gouvernement du Togo en garde contre toute atteinte à l’intégrité physique ou morale en général des jeunes Togolais en lutte et des dirigeants de J.U.D.A en particulier ;
  • appelle toutes les jeunesses africaines à s’organiser afin de se battre contre les régimes dictatoriaux que le néocolonialisme nous a laissé en héritage, pour que vive des Etats africains démocratiques et souverains, capables de protéger les droits des citoyens, pour que vive une Afrique unie, démocratique et prospère où la jeunesse joue pleinement son rôle de fer de lance.

Douala, 26 avril 2007

La Responsable du département

Maximilienne Ngombé

Annexe III : Programme de la Journée 2

SEMAINE DES PATRIOTES ORGANISEE PAR LA J.U.D.A.

JOURNEE DU 27 AVRIL 2007 AU CESAL DE TOKOIN SEMINAIRE

Activité 2 :retrouvailles et recueillement suivis d’échanges

PLAGE HORAIRE

09h 30 :

10h 10 :

10h 10 – 10h 15:

10h 15 – 10h 20 :

10h 25 – 10h 30 :

10h 30 – 10h 35 :

10h 35 – 11h 20:

11h 20 – 11h 50

11h 50 – 12h 20

12h 20 – 12h 25

12h 30

Projection de film sur le combat pour l’indépendance du Togo.

Minute de silence en mémoire des Patriotes + hymne national.

Mots de bienvenue de Benjamin NALIALI, Président de la J.U.D.A

Mots de Rodrigue KPOGLI, Secrétaire Général de la J.U.D.A.

Mots de l’ONUTA.

Mots de Afrique Tradition.

Communications et débats sur l’Indépendance du Togo : 

  1. « combat pour la conquête de l’indépendance nationale », par Godwin TETE, Historien.
  2. « Indépendance du Togo: fiction ou réalité ? » par Victor ALIPUI, Président du GRAD.

Communication « 44 ans d’impunité au Togo depuis l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO », par Claude Améganvi, Secrétaire chargé à l’organisation du Parti des Travailleurs.

Communication « jeunesse critique et engagée : quel bilan ? » par Coco Akuété GAYIBOR, Syndicaliste, Président du DHDCMC.

Clôture.

Rafraîchissement.

****************************** FIN *****************************

POUR LES PATRIOTES MARTYRS, DISONS UNANIMEMENT

NON, NON ET NON A L’IMPUNITE !

 

JOURNEE 1 : lancement de la Semaine des Patriotes.

Benjamin NALIALI, Rodrigue KPOGLI et Claude AMEGANVI. Rodrigue KPOGLI introduisant le débat.

Benjamin NALIALI lors de son discours d’ouverture. Claude AMEGANVI lors de son intervention.

Vue partielle 1 de l’assistance. Vue partielle 2 de l’assistance.

Quelques intervenants et participants au lancement de la Semaine des Patriotes.

JOURNEE 2 : retrouvailles et recueillement suivis d’échanges

Les participants suivant avec attention le film sur l'indépendance du Togo.

La table d'honneur. De droite vers la gauche, Claude AMEGANVI,

Rodrigue KPOGLI, Benjamin NALIALI, Godwin TETE, Victor ALIPUI,

Akuété GAYIBOR, Zinsou AFANVI et Séna NOMENYO.

M. Victor ALIPUI, président du GRAD lors de sa communication.

M. Godwin TETE-ADJALOGO au micro, retraçant le combat pour l'indépendance.

M. Claude AMEGANVI, Secrétaire chargé à l'organisation du

Parti des Travailleurs présentant les 44 ans d’impunité au Togo.

M. Akuété GAYIBOR, Président du DHDCMC

faisant le bilan de la jeunesse critique et engagée au Togo.

Rodrigue KPOGLI, s'adressant aux participants.

M. Benjamin NALIALI, Président de la J.U.D.A, lisant son allocution. 

M. Zinsou AFAN, Secrétaire Général de Afrique Tradition

livrant les mots de son organisation.

M. Séna NOMENYO , Secrétaire Général de l'ONUTA

délivrant le message de son organisation.

M. Joseph PLACCA a enrichi les débats à plusieurs reprises. M. Abdoul SALAMI dans l’une de ses nombreuses et

enrichissantes contributions.

Vue partielle des participants. Vue partielle d'une assistance très attentive.

Quelques intervenants sélectionnés et d’autres images de la Journée 2.

JOURNEE 3 : célébration religieuse en mémoire des Patriotes.

Lomé, le 10 mai 2007.

La J.U.D.A


 

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