|
SORTIR DES ORNIERES DE L’IMMOBILISME ET DU PESSIMISME?
«Dépasser la culture des palabres, du patriotisme verbeux polémique stérile…
Par l’adoption d’une posture courageuse et volontariste de l’Action»
Le monde entier, L’Europe, l’Allemagne en particulier et l’Amérique se mobilisent pour la lutte contre la pauvreté en Afrique, contre le Sida, contre les guerres, le sous-développement, et M. Georges Bush par exemple veut investir trois milliards de dollars dans la lutte contre le sida …
Les diverses organisations de la diaspora africaine (Mali, Sénégal, Benin, Comores etc…pour ne citer que celles là) se mobilisent pour leur pays, en collectant des fonds, en initiant des projets dans le cadre du co-développement, en construisant des écoles, des routes, des dispensaires pour leur pays…
Qu’en est il des mouvements de la diaspora togolaise et de certaines personnalités de cette diaspora qui passent le clair de leur temps à tout critiquer, à organiser des palabres inutiles, et à ne rien faire d’autre ?
Le décalage qui existe entre cette diaspora supposée intelligente et plus instruite et la population restée sur le terrain est important, ce qui me m’oblige à me poser un certain nombre de questions. Quelles réponses concrètes donnons nous, quelles solutions proposons à cette population qui espère et se bat au quotidien pour subvenir à ses besoins ?
Lorsqu’en mai 2007 dernier, je me suis rendu sur le terrain au Togo, la peur au ventre certes, après sept années d’exil, j’ai vu avec quel courage les Togolais se battent pour sortir de la misère, et qu’il y en face des associations et mouvements de la diaspora qui n’ont que le monde politique pour cible; des insultes par-ci et par là, des dénigrements, des délations, des luttes intestines…
Certes il y a encore une marginalisation politique et économique de la diaspora qui constitue pourtant une frange bien formée et informée de la population.
A l’exemple de la diaspora des autres pays ou continents, le rôle de la diaspora togolaise doit être valorisé par une volonté politique des autorités togolaises.
Il revient également aux autorités togolaises, au-delà des dispositions de l’Accord Politique Global (Annexe II de la feuille de route du gouvernement d’union nationale), de faire l’inventaire de la diaspora togolaise éparpillée à travers le monde des différentes catégories au plan qualificatif pour une utilisation bénéfique au service du développement et du progrès social.
Les enjeux sont énormes sinon colossaux. Plutôt que de passer notre temps, notre vie à polémiquer et à critiquer sans cesse, concertons-nous afin de faire valoriser par les autorités togolaises, l’aide importante que nous apportons à notre pays car elle est largement supérieure à l’aide publique au développement.
« Créer les conditions d’une implication plus forte de la diaspora togolaise à l’ouvre de construction nationale » est une tâche prioritaire du gouvernement d’union nationale et nécessite une coopération avec les associations des togolais de l’Extérieur dans leur ensemble.
Il nous revient donc de faire des requêtes allant dans le sens d’une réelle prise en compte des aspirations des togolais de l’extérieur, et d’une véritable reconnaissance de l’opportunité bénéfique que cette communauté représente ou peut constituer dans le processus de redressement économique et social.
Il nous revient de faire prendre conscience au milieu politique, à nos dirigeants, de l’urgence d’une franche collaboration sans esprit partisan.
Nous avons un important travail à faire, des fonds à collecter, des initiatives à mener avec les partenaires économiques, avec les associations sur le terrain, avec les organismes de financement, la chambre de commerce et d’agriculture, etc...
Nous sommes capables de beaucoup plus, d’être ambitieux pour notre pays, de définir une politique humaniste, globale, tournée vers l’avenir, le pardon, la réconciliation et la construction de notre pays.
Nous en sommes capables !
Nous sommes capables d’arrêter de cracher sur notre pays et de plutôt le promouvoir. Sur l’échiquier européen ou mondial, la Diaspora Togolaise est à la traîne, par rapport aux autres mouvements africains.
Plusieurs raisons expliquent cette situation. Mais nous sommes capables de renverser la tendance et d’arriver à un niveau convenable de développement.
Nous en sommes capables !
Des morts ? Il y en a eu dans l’histoire de notre pays et personne ne les oubliera ! Mais les vivants ont beaucoup plus besoin de notre attention et de nos actions.
Des démarches juridiques ont été entamées, attendons les résultats tout en nous battant aussi pour une compensation financière aux familles de victimes ainsi qu’aux victimes des violences post-électorales de 2005.
Je m’insurge contre la logique de l’immobilisme, du surplace qui ne nous honore nullement.
Beaucoup d’entre nous rêvent de retourner au Togo pour s’engager en politique, ce qui est d’ailleurs louable. Néanmoins, d’autres encore, veulent pouvoir y investir, créer des PME ou tout simplement se faire recruter. Et à ce sujet, il convient de rappeler aux autorités togolaises, au Chef de l’Etat, au Premier Ministre que nous attendons des signaux forts.
Je ne me reconnais nullement dans cette diaspora qui passe son temps à insulter, à faire courir des rumeurs et à ne rien proposer d’autre. Et je ne suis pas le seul.
Apprenons des autres diasporas africaines, qui construisent des routes, des hôpitaux, des écoles…, elles présentent des projets pour solliciter les fonds européens ou américains pour leurs pays. Pourquoi la diaspora togolaise ne sollicite t’elle pas des fonds ou ne plaide pas la cause du Togo auprès des organismes de développement ?
Je crois sincèrement que nous devons plaider pour une reprise contrôlée et surveillée de l’aide de l’union européenne à notre pays. Je suis de ceux qui pensent que la suspension de l’aide a beaucoup plus nui aux populations togolaises qu’aux gouvernants. Et cela bien sûr, personne ne veut en entendre parler.
Une diaspora responsable, acteur du développement plutôt que le contraire.
Il faudra bien sûr demander des résultats aux gouvernants, au Chef de l’Etat, à son gouvernement, au Premier Ministre de la République…
Pour citer Montesquieu « C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir a tendance à en abuser. Tout homme va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. Qui le nierait ! La vertu même a besoin de limites. >>
Organisons-nous pour proposer des choses concrètes et pragmatiques dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’énergie renouvelable, de la protection de l’environnement, de la pollution etc…
Là où le gouvernement ne construit rien, construisons quelque chose. Là où nous le pouvons apportons notre aide aux enseignants ou aux retraités…
Je crois que nous en sommes capables ; je crois que nous devrons le faire pour le Togo, et rien que pour le Togo et arrêter de nous insulter, de banaliser le dénigrement et les délations. Cela ne fait pas honneur aux togolais ni au Togo.
« Oublions le passé, vivons le présent pour construire l’avenir » tel a été le message que m’avait laissé mon défunt père avant de partir. Cet Homme qui a pourtant souffert sous le régime de feu Gnassingbé Eyadema, de l’absence de solidarité et des mensonges a trouvé tout au long de sa vie la force de continuer à aimer et à servir son pays.
J’entends déjà ceux qui pensent que je serais en service commandé ou que je « vais à la mangeoire ». N’avons-nous que ces arguments face à la gravité de notre cécité intellectuelle ?
Je réaffirme que l’actualité de notre engagement, de notre action commune, porte sur le combat pour une réelle implication de la Diaspora dans la vie économique, sociale et politique de notre pays.
Je réaffirme mon opposition à la culture de la pensée unique, de la délation et du mensonge. Les Togolais ont le devoir de se parler, de se pardonner et de réfléchir ensemble aux voies et moyens pour redresser notre pays.
Nous avons tous à y gagner en consacrant notre énergie, notre force, notre attention, nos prières à ce que le Togo sorte de l’obscurité, de la haine, de la suspicion.
Comme l’a écrit le sage Salomon, « Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux: un temps pour déchirer, et un temps pour coudre; un temps pour se taire, et un temps pour parler;
…… Un temps pour abattre, et un temps pour bâtir;…
…..Un temps pour pleurer, et un temps pour rire; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser;
…..Un temps pour aimer, et un temps pour haïr; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix »
Et si le temps d’amour et de paix était arrivé, le temps pour nous de coudre ce qui était déchiré, de guérir des violences, de bâtir ce qui a été détruit ?
Allons-y avec courage et détermination. Osons l’avenir et le Pardon.
Vive le Togo, vie la diaspora togolaise constructive et tournée vers l’avenir.
Paris le 07 Juin, 2007
M. Joël Viana
Président de l’association D.T.F
Mèl : joelviana@dtf-france.com
Site web: www.dtf-france.com
(Reuters)
|