François Boko sur RFI : "Pendant 40 ans deux familles ont pris en otage le Togo"

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François Boko, ancien ministre de l’Intérieur du Togo qui a démissionné avec fracas deux jours avant le scrutin contesté du 24 avril 2005 est ce lundi 25 juillet 2005, l’invité de RFI-Afrique.
Répondant aux questions de Christophe Bouabouvier qui ont porté sur le récent rapport de Amnesty International, la répression violente et aveugle de la contestation des résultats frauduleux des élections du 24 avril 2005, les tentatives de résolution de la crise togolaise, la récente rencontre surprise entre Faure Gnassingbé et Gilchrist Olympio, la nommination de Kpatcha Gnassingbé au ministère de la défense et la vraie chaîne de commandement de l’armée togolaise, le Ministre Boko a affirmé que sa démission fracassante et son signal d’alarme ont contribué à éviter un grave carnage humain au Togo.

Les auteurs des violations systématiques des droits de l’homme sont les milices armées par le pouvoir du clan RPT et des unités parallèles. Il soutient que l’armée togolaise est dans une situation où le pôle de décision est ailleurs. Donc,l’armée togolaise est dirigée par un pole officieux.

La nomination de Kpatcha Gnassingbé traduirait sans doute l’existence de rivalités entre les fils Gnassingbé qui ont une gestion familiale du Togo.

S’agissant sur la rencontre entre Faure et Gilchrist, Boko reste prudent et circonspect mais par contre il ajoute que le Togo est pris en otage depuis 40 ans par les deux familles Olympio et gnassingbé.

Par ailleurs, François Boko qui appartient à l’ethnie Kabyè des Gnassingbé affirme avec raison et réalisme que le problème togolais ne se résume point à une fraction Nord-Sud. Cette vision est "une analyse cabinet" qui contraste avec la cohabitation généralement pacifique entre la quarantaine d’ethnies du Togo.
Par contre, ces ethnies connaissent par moments des difficultés mineures de cohabitation comme dans ailleurs. Pour lui, le vrai problème du Togo est l’adéquation entre la légitimité populaire et le système politique établi.

Il envisage enfin retourner au Togo et demande aux Etats qui ont contribué à son exfiltration du Togo d’aider le Togo à résoudre définitivement la grave crise qu’il subit depuis plus de 40 ans. Il faut une table ronde de réconciliation qui définisse de nouvelles perspectives démocratiques pour le Togo.

Pour sa sécurité, il fait confiance aux services de sécurité français qui ne permettront pas que les sbires du pouvoir de Lomé portent atteinte à son intégrité physique en tant que réfugié politique africain.

L’intervention surprise de François Boko sur RFI appellent quelques commentaires :

Tout d’abord, il affirme tout haut tout ce que tous les Togolais avisés et les observateurs de la scène politique togolaise pensent de la rencontre secrète entre Gilchrist et Faure.
Ensuite, en affirmant que le Togo est pris en otage par la famille Olympio et Gnassingbé est une prise de position partielle car la détérioration et la pérennisation de la crise togolaise est en grande partie due au refus démocratique du clan Gnassingbé plus qu’aux prises de positions souvent inconséquentes de Gilchrist Olympio qui a tout de même une part de responsabilité par son désir inassouvi d’accéder au pouvoir au mépris de ses pairs de l’opposition démocratiques qui évoluent sur le terrain dans des conditions fort pénibles et risquées.
La gestion de l’armée togolaise est au coeur de la résolution de la crise togolaise. Le pouvoir des Gnassingbé est fondé sur l’armée qui lui inféodée. Il importe ainsi constituer une armée républicaine pour le Togo.
Enfin, François Boko propose une troisième voie mais avec les nombreuses trahisons dont le peuple togolais a été victime qui pourrait légitimement et efficacement incarner cette troisième voie ?

Une chose est sûre l’intervention de François Boko semble insinuer qu’une voie alternative pourrait émerger avec lui. Bien entendu, comme d’habitude, le clan RPT réfutera tous les propos soutenus par François Boko.

Arsène Ouidiraogo

Publié le 28/07/05




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