LES DEPUTES S’OPPOSENT A LA REPRISE DE L’AIDE DE L’UE AVEC LE TOGO


le 30 août 2005

Les violences survenues au Togo avant et après les élections présidentielles d’avril 2005 ont été le point d’orgue de cette rencontre.
Les députés européens ont remis à une date ultérieure la reprise de l’aide de l’Union sous condition de l’assainissement de la situation politique.
Le chef de la diplomatie togolaise Zarifou Ayéva a essuyé de vives critiques des députés européens qui doutent toujours de la volonté du gouvernement togolais. En effet, le pouvoir togolais a été confronté une fois encore à la désapprobation des députés européens sur sa gestion de la situation socio-politique depuis la mort du président Eyadéma.
Dans la même occasion l’opposition togolaise a été interpellée par certains députés dont l’euro-député français, Marie Arlette Carlotti, qui souhaite que cette opposition s’engage dans un dialogue avec le gouvernement togolais avec une volonté d’aboutir.
Répondant à BBC Afrique, Me Agboyibo conteste cette allégation de la parlementaire française en précisant à juste titre :« c’est une formule contestable parce que c’est nous, opposants, qui avons pendant des mois et des années réclamé le dialogue. Nous ne pouvons pas, après l’avoir sollicité le renier. ... Fondamentalement, nous n’avons à aucun moment refusé le dialogue. On est absolument pour le dialogue »
Question du journaliste : « Le représentant du gouvernement a demandé que l’UE reprenne son aide avec le togo. Ce serait la manière d’après lui d’appuyer le processus »
Me Agboyibor : « c’est un discours qui n’est pas nouveau. Ca fait des mois et des années que le gouvernement estime sans remplir les conditions requises que la coopération pouvait reprendre. C’est impossible. Le gouvernement sait très bien qu’il faut remplir un certain nombre de condition. Notamment la tenue des élections législatives propres et transparentes.
Question du journaliste : « Comment voyez-vous le dialogue, Est-ce que vous allez parler les uns, les autres ? »
Me Agboyibor : « Le 18 Aout dernier il y a eu consultation avec le chef de l’Etat. Il y a un processus qui est enclenché. L’important c’est qu’on puisse aller de l’avant.
La France est accusée d’encourager la mauvaise gouvernance
Sur les antennes de Radio, l’euro-député allemand Mickael Galert a déclaré que l’assistance française aux militaires est contraire aux règles européennes (art. 96) qui interdit l’aide et l’assistance à tout régime africain qui ne respecte pas les règles de bonne gouvernance et les droits de l’homme.
La reprise de l’aide de l’Union ne saurait se faire sans une évolution sensible dans la recherche des solutions et de l’instauration d’un dialogue franc aboutissant à l’établissement d’un état de droit au Togo.
A quoi serviraient des élections législatives qui aboutiraient encore à des tragédies au Togo puisque les causes ayant contraint les Togolais à l’exil demeurent ?
Me Agboyibor dans sa communication adressée au Parlement européen souligne l’importance d’une prise de conscience sur limites des traitements classiques appliqués en la matière sous d’autres cieux :
« Le règlement de la question des droits de l’homme au Togo passe en réalité par une reconfiguration du pouvoir politique, notamment du pouvoir civil... Il importe à cet égard d’éviter d’aborder le problème à travers le terme simpliste de refus d’alternance démocratique comme on a parfois tendance à le faire. Car, si l’on n’y prend garde, on pourrait être tenté de croire que pour instaurer un climat politique propice au respect des droits de l’homme, il suffirait d’amener la classe politique à s’entendre sur un cadre électoral dont la mise en œuvre permettrait aux vainqueurs des élections de prendre le pouvoir, et aux perdants de constituer l’opposition.
Certes, les élections démocratiques constituent un passage incontournable pour un Togo moderne. Car on ne conçoit guère comment il pourrait s’en passer.
Mais encore faut-il savoir gérer les résultats connus ou potentiels de ces élections de façon à contenir le pouvoir politique dans un sens qui préserve le respect des droits de l’homme, en tenant compte des contraintes du terrain, notamment de la nécessité de rassurer ceux qui peuvent avoir des motifs à s’inquiéter de la nouvelle configuration politique du pays. »
Le pouvoir de Faure Gnassingbé dans sa quête de crédibilité se doit de passer par l’inovation de projets objectifs de réorganisation de la vie politique togolaise et d’obtenir des résultats concrets dans la protection et le respect des droits de l’homme. C’est la seule issue pouvant sortir le pays de son isolement pour qu’enfin, les Togolais reprennent espoir et que le pays retrouve sa place sur la scène internationale.

Xaga Gan


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