Le ministre togolais des A.E devant le Parlement européen 31/08/05

Le ministre togolais des A.E devant le Parlement européen
Bruxelles, Belgique, 31/08 - Le nouveau gouvernement togolais, en place depuis deux mois seulement, a relancé le processus de mise en oeuvre des 22 engagements pris le 14 Avril 2004 devant l`Union européenne, a déclaré lundi le ministre des Affaires étrangères, M. Zarifou Ayéva, devant la Commission du développement du Parlement européen dont il était l`invité pour faire le point sur l`évolution de la situation politique dans son pays, après les violences qui ont marqué l`élection présidentielle du 24 avril dernier.
Après le rétablissement de la paix sur l`ensemble du territoire national, a-t-il dit, le Président Faure Gnassingbé a ordonné la libération de toutes les personnes impliquées dans les violences avant, pendant et après le scrutin présidentiel, ajoutant qu`à ce jour, six prisonniers au plus restent détenus "parce qu`impliqués dans des crimes de sang".
Il a fait savoir que le gouvernement a mis en place un Haut commissariat chargé d`assurer le retour dans le pays des Togolais réfugiés au Bénin et au Ghana, en créant les conditions pour le rétablissement de la confiance.
M. Zarifou a indiqué que la mission de l`Union européenne, qui s`est rendue en juillet au Togo, a fait avec le gouvernement l`évaluation sur la réalisation des 22 engagements. La mission envoyée par Bruxelles avait insisté sur la nécessité de relancer le dialogue politique, point qui figure parmi les engagements.
A cet égard, M. Zarifou a fait savoir que le Président Faure Gnassingbé a pris récemment contact avec tous les partenaires au dialogue politique en vue de la reprise de celui-ci.
Il a réaffirmé la détermination des nouvelles autorités togolaises à poursuivre la nouvelle dynamique politique qui s`articule autour des valeurs de justice et du respect des droits de l`Homme, ainsi que des libertés fondamentales.
Le chef de la diplomatie togolaise a lancé un appel à l`Union européenne pour qu`elle accompagne au plan financier les efforts du gouvernement de Lomé, notamment en ordonnant les décaissements des fonds réservés au Togo dont les reliquats des 5 et 6ème FED ainsi que les crédits du Stabex (Système de stabilisation des recettes d`exportation agricole).
Invité à son tour à prendre la parole, Me Yawovi Agboyibo, président du Comité d`action pour le renouveau (CAR, opposition radicale), a rappelé que le ministre de l`Intérieur du gouvernement précédent avait demandé le report du scrutin présidentiel pour éviter l`éclatement des violences.
Pour lui, c`est le refus du pouvoir de reporter les élections qui a entraîné les violences au cours desquelles ont eu lieu des violations graves des droits de l`Homme. Toutefois, a-t-il indiqué, pour connaître les causes ayant engendré les violations des droits de l`Homme, il faudra attendre le rapport de la Mission sur l`établissement des faits constituée par l`ONU qui a mené des investigations au mois de juin au Togo. Aussi, a-t-il demandé à l`Union européenne de "tout mettre en oeuvre" pour que ce document soit rendu public.
Pour une véritable réconciliation nationale, il est important que les auteurs des actes de violation des droits de l`Homme se manifestent pour présenter leurs excuses aux victimes et recevoir en retour le pardon de celles-ci, a-t-il dit.
Pour sa part, la déléguée d`Amnesty international, Mme Paule Rigaud, a expliqué les conditions dans lesquelles la mission d`enquête qu`elle a conduite a réalisé son rapport.
Celui-ci a été établi sur la base des témoignages recueillis dans les camps des réfugiés togolais au Bénin. La mission d`enquête d`Amnesty international a évité de se rendre au Togo, estimant que les témoins qu`elle aurait contactés pourraient être victimes d`actes de répression.
Pour Mme Rigaud, la priorité du nouveau pouvoir togolais devrait être de lutter contre l`impunité, en opérant une profonde réforme des instituons judiciaires et pénitentiaires, ainsi que dans l`Armée et la Police.
Prenant la parole à son tour, Mme Carloti, qui a dirigé la mission d`évaluation de la Commission européenne au Togo, a lancé un appel aux leaders de l`opposition, afin qu`ils participent au dialogue politique avec la volonté réelle d`aboutir à une solution positive, parce que "la crise togolaise a duré trop longtemps".
Composée notamment du ministre de la Justice, M. Tchesa Abi, et de la ministre des droits de l`Homme, Mme Massan Loretta Acouqtey, la délégation conduite par le chef de la diplomatie togolaise a poursuivi mardi les rencontres avec les responsables du Parlement européen.
La délégation togolaise sera reçue vendredi par M. Louis Michel, commissaire européen au Développement et à l`Aide humanitaire.
Le programme prévoit par ailleurs des rencontres avec M. Karel de Gucht, ministre belge des Affaires étrangères et Mme Anne Marie- Lizin, présidente du Sénat de Belgique.

Angolapress


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