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BÉNIN -
Le Béninois Sylvestre Amoussou, réalisateur du film Africa Paradis tente de dessiner un paradis africain où il a exprimé sa foi en l'avenir du continent tout en invitant les Africains à ne nourrir aucun complexe vis-à-vis des autres races.
Dans son premier long métrage, Sylvestre Amoussou crée une situation où dans un futur proche (2033), l'Afrique est devenue l'Eldorado pour les habitants de l'Occident, cette partie du monde étant en pleine déliquescence.
Par la suite, les rôles (actuels) vont être inversés entre une Afrique devenue un véritable paradis convoité et un Occident misérable que ses filles et fils fuient.
Le film raconte l'histoire de deux jeunes français (Olivier et Pauline) hautement qualifiés mais qui, ne pouvant plus supporter la misère et le chômage, lot quotidien sur leur continent, décident d'émigrer en Afrique, le nouvel Eldorado.
Ces deux Français, sans papiers, arrivés en Afrique, tentent tout pour survivre dans une situation de dénuement, de manque de logement et d'emploi, etc, et par conséquent prêts à exécuter n'importe quelle tâche pour gagner un peu d'argent.
Olivier avec son diplôme d'ingénieur informatique se retrouve à faire de la menuiserie, et Pauline, la fille a trouvé un travail de dame de ménage.
« C'est une manière pour moi de faire voir aux Européens la réalité actuelle des émigrés africains en Europe », a confié le réalisateur dont l'oeuvre a figuré parmi la douzaine de films projetés à Gorée au cours de la troisième édition du Gorée Diaspora Festival.
« Je dois assurer tout le monde que je n'ai pas fait un film anti-européen ou anti-français mais un film ouvert où je voudrais inviter l'humanité à plus d'humanisme », s'est-il empressé de préciser, non sans avouer qu'il a eu d'énormes difficultés à trouver du financement pour son film pour diverses raisons.
A ses yeux, l'Afrique devenue l'Eldorado à la place de l'Europe n'est un pas un rêve que beaucoup d'Européens aimeraient faire. Est-il que Sylvestre Amoussou y croit, et ne demande que la prise de conscience des Africains.
Pour sa première sortie en salle à Paris, Africa Paradis aurait drainer 15 000 entrées.
Pour lui, « il est temps que les dirigeants africains prennent conscience de la souffrance des peuples » qui, à ses yeux, sont en avance sur leurs dirigeants.
« Le peuple africain est prêt à prendre son destin en mains et à se développer mais il n'a plus de dirigeant visionnaire de la trempe de Kwame Nkrumah, de Julius Nyerere, de Jomo Kenyatta et autres », déplore t-il.
Cependant la possibilité d'«une révolution africaine à l'instar de la révolution française de 1789» reste d'actualité, selon lui.
Cette projection effectuée à l'occasion des rencontres cinématographiques dénommées « Exils et Mémoires » organisées dans le cadre du Gorée Diaspora Festival, où ont été projetés une douzaine de films du 15 au 18 novembre 2007.
Parmi ces films, figurent évidemment Africa Paradis, Little Sénégal, Persepolis, Toussaint Louverture, Nosaltrès ou Indigènes dans la programmation des Rencontres Cinématographiques « Exils et Mémoires ».
De nombreux thèmes de débats portant sur différents aspects de la traite négrière ont été au programme du colloque international.
Apa
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