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La rencontre officielle avant-hier, à Lomé, entre le président Faure Gnassingbé et l'opposant Gilchrist Olympio inaugure incontestablement une nouvelle ère dans la relation entre le pouvoir et l'opposition qu'incarnent ces fils des deux anciens chefs d'Etat du Togo. Deux chefs d'Etat qui ne se sont pas passés les pouvoirs suivant la norme républicaine puisque le premier, Sylvanus Olympio, fut emporté à l'aube du 13 janvier 1963 par le coup d'Etat mené par le second, Gnasingbé Eyadema.
Au demeurant Gilcrhrist Olympio, le fils du président assassiné, a fondé l'essentiel de sa légitimité et de son audience sur cette intrusion calamiteuse du tout premier coup d'Etat de l'Afrique indépendante, condamné à l'époque de façon unanime sur l'ensemble du continent. Après le décès en 2005 du président Gnasingbé Eyadema, l'assassinat du président Sylvanus Olympio comme argument politique ne pouvait avoir la même charge émotionnelle sur l'opinion. En tout état de cause, Faure Gnassingbé avait beau être le fils de son père, il n'y aurait aucune logique à lui faire porter les erreurs de ce dernier.
En 1963, quand survint le triste épisode du coup d'Etat, Gilchrist Olympio était un majeur de 27 ans ; en revanche, l'actuel président du Togo, âgé de 41 ans aujourd'hui, n'était pas encore né. Il y a donc peut-être lieu de mettre au compte de l'ouverture du dialogue entre les deux hommes l'absence de casus belli direct susceptible d'entretenir la polémique sur les faits décrits plus haut. Autant dire aussi que de part et d'autre la volonté de se surpasser a bien été au rendez-vous ; car la rencontre de Lomé n'était pas la première entre le président Faure Gnasingbé et le leader de l'Union des forces de changement, Gilcrhist Olympio.
Dès son élection à la tête de l'Etat togolais, en mai 2005, grâce à la facilitation de la Communauté Sant'Egidio, Faure Gnassinbgé avait eu de longs entretiens à Rome, en Italie, avec Gilcrhirst Olympio dans le courant du mois de juillet. D'autres rencontres se sont produites par la suite, successivement à Abuja, à Paris et récemment à Ouagadougou, au Burkina Faso.
La participation au nouveau gouvernement du parti de Gilchrist Olympio, qui a obtenu aux élections législatives du mois d'octobre 27 sièges contre 50 pour le Rassemblement du peuple togolais (RPT), parti au pouvoir, sur les 81 que compte l'Assemblée nationale semble cristalliser les discussions ainsi entreprises.
Comment les autres « dinosaures » de l'opposition togolaise prendront-il ce flirt entre le RPT et l'UFC ? A quelle hauteur Gilchrist Olympio, connu pour ses positions tranchées, placera t-il la barre des revendications en matière de postes ministériels pour son parti et quelles seront les limites de l'ouverture prônée par le président Faure Gnassingbé ? Autant de questions qui méritent d'être posées à l'heure où le Togo, mis au ban de la communauté internationale pour « absence de démocratie », amorce la reprise de sa coopération avec ses partenaires extérieurs.
Pour revenir aux « dinosaures » de la politique togolaise disons que, pour l'essentiel, ils ont tous été éprouvés au plus haut niveau gouvernemental : Edem Kodjo, Apollinaire Yawovi Agboyibor (encore en poste), pour ne parler que de ces deux personnalités ont été Premier ministre sous Faure Gnassingbé.
Peut-être le temps est-il venu pour Gilchrist Olympio et son parti, deuxième force politique du pays, de montrer ce qu'ils sont capables de donner à leur pays. Mais pour cela, il faut savoir mettre un peu d'eau dans son vin. Ainsi parlait d'ailleurs récemment le leader de l'UFC, à Ouagadougou, à l'issue de sa rencontre du 2 novembre avec le président Faure Gnassingbé.
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