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  • La microfinance togolaise: Un secteur économique vitale qui n'est pas à l'abri de difficulté - 17/11/2005

    La microfinance constitue une pièce importante de la machine économique togolaise, eu égard à sa contribution significative au développement et à la réduction de la pauvreté au Togo.

    En ce qui concerne particulièrement la réduction de la pauvreté, l'octroi de micro-crédits à certaines couches vulnérables de la société togolaise, notamment aux femmes, a permis à ces dernières d'améliorer sensiblement leurs conditions de vie. Il ressort de témoignages concordants qu'avec des crédits modiques de 10.000 à 20.OOO FCFA, certaines femmes revendeuses ont réussi, par leur ingéniosité, à charger au mieux la situation alimentaire et sanitaire de leur foyer et ont même pu scolariser leurs enfants.

    Le secteur microfinancier est en pleine évolution: d'une quinzaine d'institutions il y a une décennie, on est passé aujourd'hui à plus de 250 institutions de microfinance.

    A ce jour, le secteur a pu mobiliser au niveau de l'épargne entre 25 et 30 milliards de FCFA. Au plan social, la microfinance emploie actuellement plus de 1.500 agents.

    Mais seulement voilà que tout n'est pas rose pour ce secteur. Il est confronté à des difficultés internes et externes.

    Au niveau interne, la méconnaissance par certains acteurs de la microfinance de la réglementation régissant cette activité constitue un handicap sérieux au fonctionnement et au développement de leur institution. Face à ce problème, l'Assciation des Institutions de Microfinance a mis en place, en collaboration avec la Banque Centrale des Etat de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) un programme de sensibilisation sur la législation et la réglementation relative à la microfinance.

    Au plan externe, le secteur est confronté aux difficultés de remboursement des crédits par les emprunteurs, surtout ceux qui ont dévié de l'objet du crédit en l'utilisant à d'autres fins plutôt que de l'investir dans des activités génératrices de revenus pour lesquelles le prêt a été normalement contracté. "On prend du crédit avec l'engagement flateur de faire du commerce, et on s'en va se marier avec...", nous a confié, plein d'humour, le directeur d'une institution de microfinance. A cela, a encore dit ce responsable, s'ajoute la mauvaise foi de certains débiteurs qui, malgré la bonne marche de leurs affaires, tergiversent quant au remboursement.

    Face à cette situation, les institutions de microfinance n'ont d'autres issues que de s'en remettre à la diligence de la Commission nationale de recouvrement des créances mise en place par l'Etat togolais. Des acteurs de la microfinance reconnaissent que cette commission "fait du bon travail". En 2003, elle a recouvré au profit des institution de microfinance environ 38 millions de FCFA de crédits en passe d'être irremboursables.

    On ne peut passer sous silence le fait que la microfinance vacille au Togo aujourd'hui entre des exigences contradictoires. D'un côté, le consommateur, débiteur potentiel, estime qu'il faut assouplir les conditions d'accès au crédit et réduire de façon sensible le taux d'intérêt. De l'autre côté, les acteurs de la microfinance pensent plutôt qu'une élevation du taux d'intérêt s'impose pour permettre à leurs institutions d'assumer convenablement les charges d'exploitation et de survivre à travers les temps. Ils ont cependant mine de vouloir céder à la première doléance du consommateur en promettant que les garanties exigées du candidat au micro-crédit peuvent être assouplies.

    En tout état de cause, la microfinance togolaise est pleine d'avenir et continuera de jourer un rôle capital dans le développement et en matière de réduction de la pauvreté, pourvu que l'Etat, les prestataires et les consommateurs concourent par le respect de leurs obligations respectives, à pérenniser ce secteur économique vital. Fin


    Xinhuanet




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