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Le recul du sida lié à un changement du comportement sexuel - 4/02/06
ZIMBABWE -
Un changement du comportement sexuel surtout chez les jeunes a probablement contribué à une accélération de la récente diminution de la prévalence d'infections avec le virus du sida dans l'est du Zimbabwe, selon une étude internationale publiée jeudi aux Etats-Unis.
Cette recherche parue dans la revue Science datée du 3 février montre que le nombre de cas d'infections a chuté de près de 50% chez les jeunes filles de moins de 25 ans.
Les auteurs de cette étude, conduite par le Dr. Simon Gregson de l'Imperial College de Londres, attribuent ce recul au fait que les jeunes attendent plus longtemps avant d'avoir leur première expérience sexuelle et ont aussi moins de partenaires occasionnels.
Dans le groupe de jeunes femmes de 15 à 24 ans étudié, le nombre de personnes infectées par le virus a chuté de 49% entre la période 1998-2000 et la période 2001-2003. La baisse s'est élevée à 23% chez les hommes de 17 à 29 ans durant la même période.
En 2003, le Zimbabwe comptait environ 1,8 million de personnes infectées avec le virus du Sida sur une population de 12 millions d'habitants, soit 15% du total.
"Sans pouvoir le dire avec une certitude absolue, la peur de contracter le VIH, le virus de l'immunodéficience humaine et le Sida (syndrome d'immunodéficience acquise), paraît avoir influencé ce changement de comportement au Zimbabwe, un pays où la population est bien éduquée et doté d'un bon système de communications et d'une bonne infrastructure de soins", a expliqué le Dr. Gregson.
Pour réaliser cette étude, ces chercheurs ont étudié un groupe de 9.454 personnes sélectionnées à partir des statistiques de deux recensements nationaux, le premier conduit de 1998 à 2000 et le second de 2001 à 2003.
Globalement, sexes et âges confondus, ils ont conclu que la prévalence du nombre de séropositifs est tombée de 23% à 20,5% entre ces deux recensements.
Chez les hommes de 17 à 54 ans, ce taux est passé de 19,5% à 18,2% tandis que chez les femmes de 15 à 44 ans, la prévalence a reculé à 22,3% contre 25,9%.
"Un des raisons les plus importantes de ce recul semble être une diminution du nombre des relations sexuelles occasionnelles", a ajouté le Dr. Geoffrey Garnett, de l'Imperial College de Londres et un des co-auteurs de cette étude.
"Le fait que les jeunes soient devenues actifs sexuellement plus tardivement et la plus grande utilisation des préservatifs, des phénomènes observés avant que cette étude soit faite, ont aussi probablement contribué à la diminution du nombre de personnes infectées", a-t-il dit.
L'étude indique que chez les hommes de 17 à 19 ans, seulement 27% étaient déjà actifs sexuellement dans le recensement effectué entre 2001 et 2003, comparativement à 45% dans le précédent (1998/2000).
Chez les femmes de 15 à 17 ans, la proportion de celles ayant déjà commencé à avoir des relations sexuelles est tombée de 21 à 9%.
En outre, chez les hommes et les femmes, seuls 22% ont fait part d'un récent partenaire sexuel occasionnel contre 49% lors du précédent recensement.
Si le Zimbabwe connait une évolution encourageante, l'Afrique sub-saharienne continue a être l'épicentre du Sida en concentrant 60% de toutes les personnes infectées dans le monde ou 25,4 millions de cas sur un total mondial de près de 40 millions, selon les statistiques de l'ONU pour 2004. Cette année là, le Sida a fait plus de trois millions de morts.
Selon une deuxième étude internationale également publiée jeudi dans Science, près de 30 millions de nouvelles infections avec le virus du Sida pourraient être évitées au cours des dix prochaines années avec des programmes de prévention adéquats dans les pays en développement et à revenus moyens.
Les auteurs, Richard Hayes et Helen Weiss de l'école d'hygiène et de médecine tropicale de Londres, ont calculé qu'un tel programme coûterait 122 milliars de dollars et permettrait une économie en soins médicaux de quelque 4.700 dollars par malade.
AFP
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