« …On ne peut pas tromper tout le peuple, tout le temps » – Abraham Lincoln

L’inconséquence a un prix, celui d’alimenter les rancœurs et d’exacerber les frustrations. Faure Gnassingbé est en train de l’apprendre, sans doute à ses dépens. Il avait pourtant été prévenu. Mais le Prince ne s’est jamais ému des multiples appels à son sens de la parole donnée.

Le pouvoir, selon une conception tropicale, est assez jouissif. Au-delà de la jouissance qu’en tirent Faure Gnassingbé et sa minorité pilleuse, il n’y a plus rien. Onze ans après la signature de l’Accord Politique Global, revoilà Faure Gnassingbé rattrapé par un passé mal soldé. 2005 ! Des centaines de milliers de Togolais dans la rue pour exprimer leur sentiment anti-Faure Gnassingbé et appeler à la fin de son règne.

Toutes ces manifestations restent la survivance de 2005. Et c’est d’autant plus normal que la feuille de route tracée à l’unanimité en 2006, a été royalement passée par pertes et profits à cause de la boulimie du pouvoir d’un homme. Gilbert Bawara aura beau jeu d’imputer l’échec de l’APG au refus de l’UFC d’entrer dans un gouvernement dit d’union nationale cornaqué par Me Yawovi Agboyibo. Que de boniments le pouvoir raconte au nom des dissensions politico-politiciennes entre l’UFC et le CAR. En réalité, les réticences de dernière minute de l’UFC auraient dû être un facteur supplémentaire de motivation pour les autres parties prenantes de l’APG, si la bonne volonté politique était réellement du côté de Faure Gnassingbé.

Floué, désabusé, exaspéré, le peuple a perdu toute confiance en ses gouvernants. Faure Gnassingbé aux premières loges. Même l’annonce de l’adoption en conseil des ministres d’un avant-projet de loi portant révision constitutionnelle quelques heures avant le début des manifestations n’a fait ni chaud ni froid aux forces démocratiques. Duperie, supercherie, duplicité politiques ! Les Togolais rivalisent de vocabulaire ou de synonymes pour dire à Faure Gnassingbé que la manœuvre ne passera point. La Communauté Internationale, notamment la délégation de l’UE au Togo, l’opinion nationale, les forces démocratiques l’avaient pourtant prévenu.

Le message de la Conférence des Evêques du Togo à la veille du 57ème anniversaire de notre indépendance reste encore vivace dans les esprits, comme si c’était hier,  et prend des allures d’une prémonition. « La lassitude, la désespérante lassitude s’est de nouveau installée, comme une « bombe à retardement », prête à exploser à la première occasion. Osons le reconnaitre : derrière les apparences de quiétude et de tranquillité qu’il affiche, le Togo, notre cher pays, va mal ; ses fils et filles sont de plus en plus désabusés ; ils ne savent plus quel chemin emprunter pour sortir de l’ornière et parvenir à la paix ; leur avenir semble bouché. Et des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour crier leur désarroi face aux « dialogues sans lendemain » qui, les uns après les autres, n’ont engendré que des frustrations. Disons-le en toute sincérité, derrière les apparences illusoires de paix, les cœurs s’endurcissent, les positions se radicalisent, les mains jadis tendues pour le dialogue et la fraternité se referment. Ne faisons pas semblant de l’ignorer ! ». Et voilà. Aujourd’hui, les Togolais sont décidés à en finir avec Faure Gnassingbé. C’est aussi cela, le prix de l’inconséquence politique de celui qui prétendait incarner un esprit nouveau.

Meursault A.

Source : Liberté



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